Versailles les OFF
Louis XIV se confie sur ses ambitions et ses projets pour Versailles. Au cœur de ses conversations en aparté avec vous il évoque l’histoire avec un grand H, telle qu’on ne la lit pas dans les livres…

VERSAILLES CHANTIERS, LES FAITS HISTORIQUES…
C’est dans une lettre datant du 27 janvier 1672 à Mme Grignan que la marquise de Sévigné évoque la chute bien réelle de M. de Berni :

« L’autre jour, M. de Berni, à Versailles, passa par une fenêtre, croyant passer par une porte, et tomba du premier étage sur un petit garçon qui fut blessé, et qui l’empêcha d’être tué. Il fut secouru ; il a la tête très fracassée, mais on ne croit pas qu’il meure. Voilà ce que font les croisées coupées jusqu’en bas. On ne saurait jamais manquer à mettre partout des garde-fous. Cet accident fit grand bruit à Versailles. »

Les accidents du travail faisaient partie intégrante de la vie des ouvriers à Versailles, à tel point que le roi avait fait établir un « precium doloris» d’indemnisation en cas de blessures, ou de décès. Les indemnités de décès variaient en fonction du statut et de la profession de la victime : 20 à 30 livres pour un manœuvre, 30 pour un compagnon, 50 pour un piqueur… Même la mort d’un cheval sur le chantier était indemnisée à hauteur de 30 livres !

ETIQUETTE, LES FAITS HISTORIQUES…
La « blague » du poème, fait référence à une lettre datant du 1er décembre 1664 adressée à Pomponne, dans laquelle la marquise de Sévigné raconte les faits suivants :

« Il faut que je vous conte une petite historiette, qui est très vraie et qui vous divertira. Le Roi se mêle depuis peu de faire des vers ; MM. De Saint-Aignan et Dangeau lui apprennent comme il faut s’y prendre. Il fit l’autre jour un petit madrigal, que lui-même ne trouva pas trop joli. Un matin, il dit au maréchal de Gramont : “Monsieur le maréchal, je vous prie, lisez ce petit madrigal, et voyez si vous en avez jamais vu un si impertinent. Parce qu’on sait que depuis peu j’aime les vers, on m’en apporte de toutes les façons.” Le maréchal, après avoir lu, dit au Roi : “Sire, Votre Majesté juge divinement bien de toutes choses ; il est vrai que voilà le plus sot et le plus ridicule madrigal que j’ai jamais lu.” Le Roi se mit à rire, et lui dit : “N’est-il pas vrai que celui qui l’a fait est bien fat ? – Sire, il n’y a pas moyen de lui donner un autre nom. – Oh bien ! dit le Roi, je suis ravi que vous m’en ayez parlé si bonnement ; c’est moi qui l’ai fait. – Ah ! Sire, quelle trahison ! Que Votre Majesté me le rende ; je l’ai lu brusquement. – Non, monsieur le maréchal ; les premiers sentiments sont toujours les plus naturels.” Le Roi a fort ri de cette folie, et tout le monde trouve que voilà la plus cruelle petite chose que l’on puisse faire à un vieux courtisan. Pour moi, qui aime toujours à faire des réflexions, je voudrais bien que le Roi en fît là-dessus, et qu’il jugeât par là combien il est loin de connaître jamais la vérité. »

De même l’anecdote de la poire est directement issue du livre de Primi Visconti « Mémoires sur la cour de Louis XIV » dans lequel l’historien italien, qui vécut à la cour du Roi pendant 10 ans, compila ses observations sur la vie à Versailles :

« Le maréchal de Gramont me voulut avoir au nombre de ses amis ; c’était un parfait courtisan, grand seigneur en toutes choses, fort bien considéré, mais flatteur incorrigible. Le Roi, qui le connaissait bien, goûtait un jour, à table, une mauvaise poire : il en tendit au maréchal un morceau en disant : « Oh ! la poire délicieuse ! Goûtez-en, monsieur le maréchal ! » Et le maréchal aussitôt : « C’est un fruit exquis ! » Le Roi se mit à rire et, donnant à d’autres ce fruit à goûter, il fit trouver la poire détestable et juger le maréchal comme un flatteur. »

favorites, LES FAITS HISTORIQUES…
A la cour, les femmes rivalisaient d’effets de toilettes et de bijoux. Mme de Montespan était considérée comme la plus belle femme de la cour. Dans une de ses lettres la marquise de Sévigné la décrivait en ces termes :

« (..) c’est une chose surprenante que sa beauté ; sa taille n’est pas de la moitié si grosse qu’elle était, sans que son teint, ni ses yeux, ni ses lèvres, en soient moins bien. Elle était tout habillée de point de France ; coiffée de mille boucles ; les deux des tempes lui tombent fort bas sur les joues ; des rubans noirs sur sa tête, des perles de la maréchale de l’Hôpital, embellies de boucles et de pendeloques de diamants de la dernière beauté, trois ou quatre poinçons, point de coiffe : en un mot, une triomphante beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs. »
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